Comment comparer le ping en France et en Allemagne ?

  • De tradition à Charenton TT cette phrase ressort la veille d’une rencontre face à un club allemand : « Tu sais les clubs allemands c’est toujours compliqué de savoir ce qu’ils valent ! ». Pourtant au moment de comparer les forces des deux équipes qui se rencontrent ce week-end (Charenton TT et TTV Rees-Groin e.V) les points sont similaires voire en faveur des français (~ 1941 pour eux contre ~2182 pour nos compatriotes) ! Mais alors d’où vient cette défiance ?

Deux exemples récents nous poussent à remettre le sujet sur le tapis :

La victoire en demi-finale de la Coupe du Monde 2017 de Dimitri Ovtcharov (N°1 Allemand, N°4 mondial) sur Simon Gauzy (N°1 français, N°13 mondial). Lequel Ovtcharov a gagné en finale contre la légende européenne Timo Boll (N°2 Allemand, N°5 mondial).

Plus proche de notre planète sportive, la future rencontre entre Charenton TT et TTV Rees-Groin e.V en TT Intercup dimanche 29/10 prochain.

 

Alors peut-on oui ou non comparer l’Allemagne et la France sur le point pongistique ?

L’objet de cet article est de planter un décor général succinct de l’état des forces afin d’introduire la suite du sujet.

Les chiffres varient en fonction des années, des évènements organisés sur les sols et des performances des champions nationaux. L’Allemagne compte environ 630 000 licenciés contre 190 000 en France. L’histoire a eu son impact sur le tennis de table à plusieurs reprises. Sans rentrer (une fois de plus) dans les détails sachez que le régime de Vichy dans sa politique d’unification de la Nation a fortement freiné le développement de notre sport au profit du tennis.

Les chiffres étant ce qu’ils sont, aujourd’hui les jeunes générations voient l’avènement de joueurs comme Lebesson (Champion d’Europe en titre), Gauzy (vice-champion d’Europe et N°13 mondial) et Tristan Flore (n°3 français). Que ce soit par le travail ou par le talent, le développement en France de notre sport est indéniable…tout comme il l’est autant en Allemagne avec ses stars mondiales Ovtcharov et Boll mais aussi Patrick Franziska, Bastian Steeger et Steffen Mengel pour ne citer que les trois suivants. Que ce soit du côté tricolore ou outre-rhin, les deux nations européennes sont sur une bonne dynamique. Pour autant la différence existe toujours entre eux et nous !

D’abord et avant au très haut niveau symbolisé par le Top 50 mondial d’octobre 2017 :
A : 5
F : 2

S’il est vrai que dans le top 100 des français comme Flore, Mattenet, Ouaiche, Robinot se sont stabilités, Baum, Franziska, et Mengel le sont tout autant du côté allemand.

Zone de Texte: Top 50 Classement mondial homme

Où se trouve cette différence palpable ?

De tradition à Charenton TT cette phrase ressort la veille d’une rencontre face à un club allemand : « Tu sais les clubs allemands c’est toujours compliqué de savoir ce qu’ils valent ! ».

Pourtant au moment de comparer les forces des deux équipes qui se rencontrent ce week-end (Charenton TT et TTV Rees-Groin e.V) les points sont similaires voire en faveur des français (~ 1941 pour eux contre ~2182 pour nos compatriotes) ! Mais alors d’où vient cette défiance ?

Reprenons en utilisant les bases avec ici la table internationale de correspondance des classements (TICC) disponible sur tennis-de-table.com.

Les classements avant les 2000 points sont encore les anciens mais cela n’a pas changé l’esprit.

Ce qui est visible rapidement c’est la correspondance entre la « verbansliga » (ou Liga) et la N3-N2 ainsi que celle entre la « 2te verbansliga » (ou verbandklasse) et la N3-pré-nationale de haut niveau.

Rappelez-vous maintenant que l’équipe de TTV Rees-Groin e.V est actuellement 2nd de NRW Liga, sous-entendu ils sont deuxièmes d’une poule correspondant à un niveau N3-N2 en France…

Ce qui nous amène au deuxième point d’explication sur la difficulté de comparer le niveau en Allemagne et en France : (sous réserve des sources) il n'y a pas vraiment de classement individuel en Allemagne, les joueurs sont classés selon le niveau de Championnat par Equipes où ils jouent (l’Allemagne est divisée en Länder). Il suffit qu’ils soient dans un championnat très relevé pour que mécaniquement leur « classement » soit plus faible comparé aux nôtres en France.

Et maintenant grâce au réseau de notre capitaine, Daniel Amaral, nous avons demandé quel était le niveau des joueurs qui seront face à nous dimanche matin (dans les standards français). Et bien notre réflexion est à 100 % juste ! Les deux premiers (pour rappel, 2012 et 1992) sont équivalents à N°400/500 et les deux suivants (1960 et 1961) plutôt N°800.

Donc ce sera du sport et une opposition compliquée. Vous comprendrez pourquoi à la rédaction nous n’avons pas demandé son prono à « Michel ».

 

Voilà comment on arrive à avoir « peur » des classements supposément plus faibles lorsque l’on rencontre les clubs allemands.

En espérant que cet éclaircissement a été suffisant, laissez vos commentaires sur Facebook pour ouvrir le débat et la réflexion sur le duo France-Allemagne en terme de différence de niveau.